10 engagements concrets pour rendre le tourisme vertueux… malgré le système actuel

Si le tourisme n’est pas vertueux aujourd’hui, ce n’est pas une fatalité. On peut décider, en tant que secteur, de se fixer des engagements concrets, simples à comprendre, qui agissent dès maintenant sur la trajectoire. Voici dix engagements inspirés directement des pistes du Livre blanc en 2020 et de tous les retours de nos adhérent.e.s ces dernières années.

  1. Afficher l’empreinte carbone de chaque voyage
    Intégrer un calculateur commun au secteur, afficher les émissions liés au transport, et pour aller encore plus loin aux hébergements et aux activités, utiliser un code visuel (par exemple 1–5, A–E) ou des codes couleurs) dans les brochures, sites et devis, et former les équipes à l’expliquer.
  2. Proposer systématiquement une alternative bas carbone
    Sur chaque projet, présenter une option train ou transport combiné, une version plus longue mais moins carbonée, et une version plus courte mais mieux compensée, en expliquant les arbitrages.
  3. Mettre la sobriété au centre des produits
    Développer des séjours plus longs, des rayonnements à partir d’un même camp de base, des expériences d’immersion plutôt qu’un “zapping” de sites, et valoriser ces offres au même niveau que les circuits “classiques”.
  4. Rémunérer l’expertise et la relation
    Généraliser un barème d’honoraires pour l’étude, le conseil, la personnalisation, déductible en cas de réservation, afin de sécuriser les agences et valoriser leur rôle de filtre éthique et technique. Quid des devis payants ?
  5. Former massivement aux enjeux climat, inclusion, tourisme handi‑capable
    Intégrer des modules obligatoires dans les BTS / licences / masters, mais aussi en formation continue : fresque du climat, mobilités nouvelles, conception de produits accessibles, gestion de la tourismophobie, charte du voyageur.
  6. Faire de l’accessibilité une norme, pas une option
    S’appuyer sur les travaux “tourisme handi‑capable” pour créer ou renforcer un label opérationnel, mutualiser les données sur l’accessibilité, et accompagner les pros à bâtir des séjours réellement inclusifs, y compris pour les handicaps invisibles.
  7. Limiter nos propres déplacements professionnels carbonés
    Réduire les fam trips courts en long-courrier, privilégier les conventions régionales ou accessibles en train, compenser systématiquement les déplacements indispensables, et montrer l’exemple au client final.
  8. Co‑gouverner avec les habitants
    Impliquer les communautés locales dans la définition des seuils d’accueil, des quotas, des usages des espaces publics, via des conventions citoyennes locales du tourisme et des budgets participatifs dédiés.
  9. Simplifier la jungle des labels et chartes
    Regrouper les initiatives existantes dans un cadre commun (code de durabilité et de vertu du tourisme), avec quelques niveaux lisibles, pour arrêter de perdre les pros et les voyageurs dans des logos incompréhensibles.
  10. Éduquer et responsabiliser le voyageur, sans le culpabiliser
    Diffuser des chartes du voyageur dans les contrats, carnets de voyage, vidéos à bord, QR codes, campagnes visuelles, pour faire du comportement sur place un sujet partagé, pas un supplément de discours marketing.

Ces engagements ne transformeront pas magiquement un secteur encore très dépendant des vols long‑courriers, des plateformes globales et du volume, mais ils créent un cadre commun de progrès. Ils redonnent aussi du sens aux professionnels, en les replaçant comme acteurs de la transition plutôt que simples exécutants d’un modèle subi.

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